Archives pour la catégorie Non classé



Demandeur d’emploi Jour J + 130

Et l’on m’a dit « oui ». Ce n’était pas une réponse à une demande en mariage de ma part et ce n’était pas non plus pour me donner son accord lorsque j’ai demandé que l’on me passe le sel. Ce n’était pas cette énième phrase m’apprenant que « oui : vous êtes écarté du processus de recrutement », procédé tellement plus pervers qu’un simple « non ».

Non, ce n’était pas non plus ce « oui » de mon adversaire qui m’affirmait, la mine livide, qu’il n’avait jamais, de toute sa vie, autant été tétanisé par un subtil amorti croisé du revers, comme si l’on avait subitement coulé du ciment autour de ses jambes sur le terrain de badminton.

Non, ce n’était rien de tout cela, c’était : « oui ». Alors, lorsqu’on m’a dit « oui », j’ai dit :  »oui ». C’était beau. J’ai dit « oui » comme un premier communiant qui recommande son âme à son Dieu. J’ai dit « oui » comme une fleur qui offre sa piste d’atterrissage et son pollen au gourmand butineur.

Ceux qui ont plusieurs fois changé de travail comprendront mieux que d’autres cette émotion si singulière par laquelle vous ressentez que vous avez été choisi, que vous êtes l’Élu parmi tous les candidats et que l’on vous invite à signer un contrat d’embauche.

Ce que cela change : absolument tout. Nouvelle vie, nouveaux repères, nouveaux horizons et nouvelles contraintes mais ces dernières, laissez-moi le temps de les examiner un peu plus tard car, pour l’instant, je vole sur un planeur en forme de ouiiiiiiii.

butineur.jpg 

Demandeur d’emploi Jour J + 129

Je rentabilise. Regardons les choses du côté positif. Exemple. La maison que j’ai achetée et pour laquelle ma Banque s’est montrée si enthousiaste à l’idée que je lui verse des intérêts pendant 25 ans afin de l’acquérir, cette maison, qui la connaît mieux que moi aujourd’hui ? Non, c’est vrai, j’optimise réellement mon investissement, mieux, je l’amortis.

Un peu de science fiction : admettons que je sois encore dans la vie active. Mais à quoi ressemblerait ma vie ? Parti à 8.00 et rentré à 20.00 ; à peine arrivé et trois ou quatre heures plus tard : je m’endors. J’aurais passé toutes ces années à entrer par effraction chez moi, par fragments de présence et avec comme seule perspective celle de repartir.

Comment se fabrique-t-on des souvenirs du lieu où l’on réside si l’on est perpétuellement de passage ? Non, là, je joue vraiment à domicile. Tiens, si j’organisais une partie de cache-cache chez moi avec n’importe lequel d’entre vous, je vous mets au défi de trouver de meilleures cachettes que moi tant je maîtrise la géographie des lieux.

Messieurs les Banquiers, cessez de ricaner en vous frottant stupidement les mains car, de mon point de vue, vous n’avez pas fait une si bonne affaire que cela en m’accordant ce prêt. Que cela vous paraisse incongru ou non : j’habite chez moi…et je profite. Sauf erreur, la notion de profit vous étant chère – enfin chère, surtout pour moi en fait -, notez toutefois que je profite à 100 % de mon acquisition !

Messieurs les Employeurs, et vous, si vous arrêtiez de jouer à cache-cache avec moi… 

prtimmobilier.jpg 

Demandeur d’emploi Jour J + 128

Je me demande à quel point une recherche d’emploi n’est pas dangereuse pour le foie. Si l’on aime célébrer les bons moments ou si l’on a pris l’habitude de noyer son amertume dans une eau…de vie, les opportunités sont très nombreuses pour un demandeur d’emploi.

Allez hop ! On revient d’un entretien qui s’est bien déroulé et on se sert un petit apéro. Ah ! Le verre est à peine éclusé que le téléphone sonne pour une invitation à un entretien dans une autre entreprise, je m’en remets un petit ?

Mince ! Un mail m’informe  que je suis écarté sans ménagement d’un processus de recrutement alors que ce poste était calibré pour moi, alors que l’offre d’emploi avait été écrite dans le but unique que j’y réponde.

Bon, ben, je vais me servir un petit digeo pour accompagner ma tristesse et je vais ruminer silencieusement mes sentiments d’injustice et d’incompréhension ; la saveur d’un whisky vieux de 17 ans devrait m’aider à passer ce pénible cap. Où étais-je il y a 17 ans ? Certainement pas aussi seul qu’à ce moment précis. Seul avec ma bouteille.

Êtes-vous émotif, timide, inhibé ? J’ai LA solution : une petite flask contenant un breuvage à 40°, vous savez, le genre de liquide qui pique les yeux lorsqu’on le boit cul sec et on dirait même que c’est de l’eau de Cologne tellement c’est fort. Caché dans le revers de votre veste, ce petit récipient goûteux vous aidera à surmonter votre panique frénétique juste avant votre entretien d’embauche.

Un seul conseil : éloignez-vous de votre interlocuteur et ne cherchez pas à l’embrasser sur la bouche, de toute manière, les recruteurs n’aiment pas trop cela. Ne titubez pas non plus car la sagesse populaire prétend que cela fait mauvais genre. À juste titre d’ailleurs.

Bref, l’oisiveté est la mère de tous les vices, c’est de notoriété publique ; la recherche d’emploi aussi. J’aurais pu remplacer l’alcool par la drogue, par les médicaments ou par toute forme d’addiction susceptible d’aider à encaisser brutalement le choc d’une information importante, fut-elle désastreuse ou prometteuse.

J’ai bien envie d’ouvrir une brèche dans le Dictionnaire de l’Académie Française en faisant la suggestion suivante pour le mot « embauche » : 1/ Contraire du mot « débauche ». Alors, par solidarité avec tous les demandeurs d’emploi qui soignent leur fébrilité avec des substances dangereuses, je vais me servir un petit verre : mais c’est uniquement pour boire à votre santé…

flasks.jpg 

Demandeur d’emploi Jour J + 127

J’ai retrouvé le délicieux climat de certains rendez-vous en clientèle. Merci ! Description. Je me croyais convoqué par une seule personne à un entretien d’embauche et l’on me prévient dans le hall d’entrée que ce seront trois personnes qui vont m’interroger. Surprise ! Comme vous, probablement, je ne suis pas fanatique des règles du jeu qui changent en cours de partie.

Bienvenue à l’audition, au passage de casting, au royaume des juges. J’ai été décortiqué selon un schéma très classique, de quoi me plains-je ? Sur ces trois individus, chacun avait son rôle : l’offensif, le modéré et le silencieux.

L’offensif m’a d’emblée prévenu qu’il allait me secouer avec ses questions méticuleuses et projectives : il ne m’a pas menti ! Pendant ce temps, le modéré tempérait la fougue de certaines questions par des propos plus sereins. Ouf ! Respiration. Mais à peine avais-je cru que le climat allait s’apaiser que le tâcleur pinailleur revenait au galop.

Bien rôdé leur interrogatoire : la mise en scène était fluide et la distribution des rôles était impeccablement réfléchie. Quant au troisième individu, le taiseux, il a parfaitement joué le jeu jusqu’au bout, opinant parfois du chef et arborant dans la continuité un sourire énigmatique tantôt inquiétant, tantôt débonnaire.

Ce troisième homme, celui qui m’a le plus observé, je ne connaîtrai peut-être jamais le son de sa voix, et pourtant, concernant ma candidature, c’est peut-être sa voix qui comptera le plus…

jugement.jpg 

Demandeur d’emploi Jour J + 126

Saviez-vous que l’inactivité professionnelle procure un tourment comparable à celui d’un échec amoureux car ses symptômes sont identiques ? « Elle court, elle court, la maladie d’amour… » Lorsque l’on cherche un emploi, et que l’on ne trouve pas, on souffre d’un manque de désir.

C’est vrai, au début, on apprête son CV comme s’il allait au bal ; je précise, il ne s’agit pas de de l’enjoliver ou de maquiller ou certaines informations. On se rend aux entretiens bien soigné afin de donner la meilleure apparence de soi-même en souhaitant convaincre ses interlocuteurs que tout notre être est attractif et…on n’est pas choisi.

Alors, on reste seul, avec ses illusions et avec le sentiment qu’on ne plaît pas, qu’on ne plaît plus. On se dit que les autres sont plus beaux, sont meilleurs, sont plus pertinents, ce qui vous renvoie immanquablement à votre propre médiocrité.

L’absence d’estime de soi commence par cette pénible phase de doute qui se trouve au fil des jours confirmée par ce visage dans le miroir qui vous dit : « Non, ce n’est pas toi que l’on veut. C’est l’autre. » Le célibat professionnel voire le veuvage, pour d’autres.

Vous aurez probablement observé que c’est lorsqu’on est en couple que l’on attire le plus le regard des autres et que l’on est le plus courtisé, le plus désiré.  Dans le monde du travail, c’est pareil. Car n’est-ce pas spécifiquement lorsque vous êtes déjà en poste que vous êtes amené à aimablement éconduire les chasseurs de têtes qui s’intéressent à vous et qui ne rêvent que de vous débaucher au profit d’autres entreprises qui vous « veulent » ?

Ne dit-on pas qu’il est nettement préférable de chercher un travail lorsqu’on en a déjà un parce que vous serez plus attirant aux yeux des employeurs ? Si. C’est la mécanique du désir et de la séduction. Curieusement, lorsque vous êtes demandeur d’emploi, le téléphone sonne moins et les recruteurs montrent moins d’empressement à votre égard. Les rendez-vous sont espacés, on oublie de vous rappeler : « Quoi, vous ne m’aimez plus ? »

« Elle court, elle court, la maladie d’amour, dans le coeur des enfants, de 7 à 77 ans ». 77 ans, à ce rythme, sera-ce l’âge de la retraite…?

Image de prévisualisation YouTube

Demandeur d’emploi Jour J + 125

La tentation de se faire des films, lorsque l’on est demandeur d’emploi, est réelle et fréquente parce que certains « acteurs » appartenant au contexte global ont une approche très théâtrale de leur expertise. Je veux parler, naturellement, des chasseurs de têtes.

Ce côté mystérieux, ténébreux, opaque, juge de l’ombre ou détenteur de secrets, tout cela est assez fascinant et interpelle systématiquement mon imagination.  Le rendez-vous auquel je suis convoqué cette semaine est, disons, plus ambigu.

J’ai reçu un coup de téléphone d’une chasseuse de têtes, dont les bureaux sont en province, mais qui a prévu de monter à la capitale car d’une part son client s’y trouve et d’autre part, cela lui permet de rencontrer tous les candidats présélectionnés au même endroit. C’est là que cela devient plus louche.

En effet, elle m’a proposé de la rencontrer de 17 heures à 19 heures dans un hôtel proche d’une grande gare, en me disant de me présenter à la réception. Elle a ajouté qu’à peine arrivé, je devais prévenir le réceptionniste afin qu’elle puisse sortir de sa chambre et venir à ma rencontre.

Pour peu que l’on soit méfiant ou que l’on voie les choses sous un angle différent, on pourrait se demander si une call girl ne convoquerait pas ses clients pour un 5 à 7 de la même manière, sachant que les hôtels près des gares sont assez réputés pour ce type de rencontres.

Autre cas de figure. Si un recruteur masculin procède de la même façon avec une candidate, n’y a-t-il pas matière à s’interroger sérieusement sur l’authenticité de sa démarche ? L’actualité nous informe fréquemment que des escrocs qui se font passer pour de faux policiers ou pour des plombiers bidon. Alors, des chasseurs de têtes bidon ? Non, c’est impossible…

Vérification faite, il s’agit d’un hôtel qui a pignon sur rue, totalement clean et les références de la chasseuse de têtes sont indiscutablement crédibles. Ouf ! La morale est sauve !

femmefatale.jpg 

Demandeur d’emploi Jour J + 124

J’ai reçu cette semaine le courrier d’un demandeur d’emploi en proie à un court mais intense instant de déprime. Il a rédigé ce message comme il l’aurait fait pour une lettre de motivation car c’est en effet le type de lettre qu’il maîtrise le mieux en ce moment, vu sa situation d’inactif. Je vous rassure : cette personne va mieux !

Toute ressemblance avec une personne ou des faits existants ne saurait être que coïncidence fortuite…

Paris, le 3 mars 2011.

Madame, Monsieur, Je vous écris pour vous faire part de ma profonde lassitude et de mes doutes, mais également de ma lucide combativité car je suis bien décidé à mettre un terme à ma situation actuelle : je suis demandeur d’emploi depuis environ 6 mois.

J’ai le sentiment que chaque jour qui passe me fait davantage oublier ce à quoi ressemble réellement le monde du travail. J’ai en outre la pénible sensation que chaque jour qui passe me rend de moins en moins crédible vis à vis de ceux qui sont amenés à examiner mon CV.

Chaque instant qui me sépare de ma nouvelle vie professionnelle met une distance supplémentaire entre ce que je suis et ce que je sais. L’inactivité me fait perdre mes repères élémentaires, mes connaissances innées, les compétences que j’ai acquises et toutes ces certitudes que je croyais éternellement ancrées en moi.

Oh, certes, vous objecterez mécaniquement qu’avec seulement 6 mois de recherche d’emploi, je n’ai atteint qu’une durée statistiquement assez faible au regard de ceux qui trouvent un emploi au bout d’un an. Vous me permettrez, respectueusement, de ne pas me réjouir trop bruyamment de tout le chemin théorique qui me reste à accomplir avant d’atteindre ce stade tant redouté de chômeur longue durée. 

Je ne sollicite rien de particulier ou peut-être si, un peu de chance, de réussite, une porte qui s’entrouvre, une bonne nouvelle ? Tout en restant à l’écoute, disponible, je vous prie de pardonner cet état d’âme passager et de bien vouloir agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments, les meilleurs.

spleen.jpg 

Demandeur d’emploi Jour J + 123

J’envie les recruteurs. Je jalouse cette liberté qu’ils ont de conduire leurs entretiens afin d’obtenir des certitudes sur l’adéquation entre un profil de candidat et un poste à pourvoir. J’aimerais pouvoir comme eux enquêter de manière aussi précise sur des personnes inconnues qui se présentent à eux afin de leur faire dire leur part de vérité, leurs forces et leurs faiblesses.

Comme cela doit être une expérience intellectuelle enrichissante de décrypter quelqu’un ex nihilo, grâce à un CV et sur la base d’un dialogue approfondi. Comme cela doit être plaisant de déterminer avec netteté tout ce qui fait que chaque postulant à un emploi, avec son expérience et son tempérament, est unique.

Et, pour parvenir à faire accoucher les bonnes informations, les recruteurs posent des questions. Je pense de ce fait qu’il est grand temps de lever un coin du voile sur ce que l’on pourrait nommer en toute sobriété : les questions à la con. Les exemples sont si nombreux et on ne les évoque jamais, comme c’est dommage ! En voici quelques uns.

Un jour, je fus convié à un entretien et ce furent deux personnes qui me questionnèrent, tour à tour, méthodiquement. Naturellement, compte tenu de l’enjeu, j’étais un peu tendu, concentré sur les divers aspects de notre conversation, très à l’écoute, articulant chaque réponse et reformulant les points clé de mon parcours professionnel.

Disons que je ne vais pas avoir l’air très joyeux avec mes arguments précis et chiffrés alors le D.R.H. me coupa subitement la parole et me demanda, probablement inquiet de ma mine sérieuse : »Y a-t-il réellement des choses qui vous font rire ? » Question pas du tout drôle de mon point de vue, à la limite de l’insulte. Autre cagade, autre style : « Vous êtes fils unique, pouvez-vous m’en dire plus ? » Mais de quoi je me mêle ? Je t’emm… et copieusement.

Une autre fois, à la fin d’un entretien au cours duquel on m’a fait décrire les étapes et informations de mon CV qui sont vérifiables en toutes circonstances, le recruteur me demande : « Êtes-vous vraiment sincère ? » « Ben non Ducon, je simule, un peu comme ta femme avec toi hier soir, ah t’es pas au courant ? C’est que tu ne lui poses pas les bonnes questions. »

Le drame, c’est qu’en aucun cas je n’ai le droit d’ouvrir le chapitre des « réponses à la con » lors d’un entretien d’embauche, alors que je pense sincèrement pouvoir être au moins aussi créatif qu’eux le sont dans leurs questions. Encore une fois : comme c’est dommage !

« Les questions ne sont pas toujours indiscrètes, mais parfois les réponses le sont. »
Oscar Wilde

Demandeur d’emploi Jour J + 122

Savez-vous quel est le point commun entre « Ça plane pour moi » et les courbes du chômage ? La relation n’est pas évidente n’est-ce pas ? Vous calez ? C’est : Bertrand. Bertrand est à la fois le prénom de Plastic, le chanteur, HOU HOU HOU HOU, et le nom de notre Ministre du Travail, Xavier. J’aurais pu ajouter Yann Arthus, parce que dans son hélicoptère : il plane.

Mais, c’est sur Xavier que je souhaite faire un focus parce qu’il lui revient, chaque mois, de commenter les chiffres du chômage du mois précédent : c’est son métier. Et là, pour Xavier : ça plane pour lui. En effet, la baisse du chômage est de l’ordre de 0.7 % entre décembre 2010 et janvier 2011, soit environ 19 300 demandeurs d’emploi de moins.

Alors, suspense. Xavier allait-il se prendre pour Plastic et allait-il nous chanter les louanges de sa politique de lutte contre le chômage ? À deux mois des élections cantonales et compte tenu des turbulences gouvernementales actuelles, n’était-ce pas tentant ? HOU HOU HOU HOU. Mais il n’en fut rien, alors reconnaissons au Ministre qu’il a le triomphe modeste. Et pour cause.

Techniquement, 19 300 individus inscrits en décembre 2010 sur les listes du Pôle Emploi les ont désertées pour entrer ou retourner dans la vie active en janvier 2011 : il s’agit de la catégorie A. Il en reste 2 725 000 sur les listes soit 9.7 % de la population active, ce qui signifie qu’en gros 1 actif sur 10 est en réalité un inactif. Soit.

Mais il existe d’autres catégories, B et C pour les plus connues, qui regroupent les personnes en recherche active qui ont travaillé quelques dizaines d’heures dans le mois précédent. Lorsque l’on rassemble toutes ces catégories, on dénombre plus de 4 millions de personnes. HOU HOU HOU HOU. Vu d’hélicoptère, ça fait un paquet de monde…

Image de prévisualisation YouTube

Demandeur d’emploi Jour J + 121

Je me demande souvent à quoi peuvent bien servir les formules de politesse que l’on positionne à la fin des lettres de motivation expédiées aux recruteurs. « Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments, les meilleurs. » Ah oui ? Variante : « l’expression de mes sentiments distingués ».

Je serais réellement heureux que l’on m’explique exactement ce qu’est la « distinction » des sentiments. Et même si l’on imagine aisément que ça ne peut pas faire de mal…, ces sentiments si « distingués » ne sont même pas adressés à votre amoureuse ou à votre amoureux mais à de parfaits inconnus !

Non, soyons cohérents. Si nous employons un langage si soutenu dans nos lettres de candidature alors nous avons également le devoir de recourir au subjonctif imparfait dans le cadre des rendez-vous de telle sorte à décrire les expériences mentionnées dans notre CV. Exemples.

« Dans mon ancienne entreprise, mes responsabilités exigeaient que je manageasse – prononcer manadjasse – une équipe de 6 personnes. Et il fallait de surcroît que je pilotasse un tableau de bord très complexe. » Et que je te pétasse les objectifs ? Ne serait-ce pas plus logique ?

Quand vous pensez que nos ordinateurs, bien ancrés dans le 21ème siècle, sont le point de départ de lettres incluant des tournures du 18ème siècle. Et strictement personne n’y voit de paradoxe ? Pardonnez mon manque de modestie mais je veux inventer un concept pour décrire cet état de fait : « l’inconcordance des temps ».

On pourrait probablement s’exprimer de manière plus moderne pour clore nous courriers : « J’te la kiffe trop ta teuboi et j’connais bien mon business alors je voudrais bosser avec toi, OK ? Si ça le fait, on se file pile poil un rencard sur MSN, no problemo. »

Mouais. Pas convaincu non plus. Mais voilà, il me semblait important que j’exprimasse ma pensée. Ne devrait-on pas débarrasser nos protocoles d’écriture de leurs vétustes oripeaux et de leurs croquignolesques scories, sinon, ça nous fait des fins de lettres toutes pourraves et toutes zarrebi ?

bescherelle.jpg 

12345...16

Auteur:

Stéph.

Visiteurs

Il y a 1 visiteur en ligne

agressions |
societeettaamir |
Les Parents d'élèves de Jan... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | OKL-GOLP'S CENTER
| Interdit bancaire? Enfin le...
| homosexualiteethomoparentalite