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Demandeur d’emploi Jour J + 110

Comme la façon la plus efficace de chercher du travail se fait à partir d’un ordinateur, et que c’est ma préoccupation majeure depuis plusieurs mois, tous les jours, je suis devenu de mon point de vue une sorte d’esclave numérique. Je suis sous perfusion informatique qui s’opère par l’intermédiaire d’une souris : quelle misère !

Quitte à passer pour un réac’, pour un old school ou pour un néanderthalien né dans les années 70, je me lasse de cette civilisation qui tourne autour de l’ordinateur ou du téléphone, d’ailleurs l’un et l’autre sont désormais interchangeables.

Je suis d’une génération qui, lorsqu’un mot l’interpelle, saisis son dictionnaire pour en connaître la signification, je ne me précipite pas sur le premier « wiki » venu. Il m’arrive encore de faire l’effort de mémoriser les numéros de téléphone de mon entourage et de les composer sans passer par le carnet d’adresses. Je suis d’une époque qui utilise sa calculatrice pour les calculs basiques, pas un clavier et un écran.

Je suis, vous allez me prendre pour un dingue, capable de regarder l’heure sur mon poignet en scrutant ma montre, alors que les études démontrent que la consultation de l’heure est considérée comme la première utilisation du téléphone portable.

Et puis, je vais au guichet pour acheter des billets car de toute manière, vu la propension des gens à tout réserver via internet, les files d’attentes « réelles » se sont considérablement réduites !

Heureusement que je n’ai, à date, pas investi dans un portable ou dans un smart phone car cela m’évite de m’enchaîner davantage à ce boulet partout où je me rends. Rien ne m’oblige encore à consulter les offres d’emploi au fast food ou dans une gare.

Qu’on se le dise, je ne suis ni une adresse IP ni un numéro, je suis un homme libre ! Lorsque l’avènement d’Internet est devenu un phénomène qui a bouleversé notre mode de vie, il y a 20 ans, je m’étais dit : « le e-monde est immonde ». Prémonitoire ?

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Demandeur d’emploi Jour J + 109

Je n’aime pas trop qu’on vienne fouiller dans mon passé. Je n’ai rien de spécifique à me reprocher, rien d’inavouable non plus, mais on ne peut rendre une copie parfaite lorsque l’on passe quelques années dans une entreprise. J’ajoute que, quelle que soit la manière dont s’est déroulée la cessation de contrat, même cordiale, le départ d’une entreprise peut susciter des aigreurs, générer des incompréhensions et libérer les non-dits.

C’est pour cela que je me méfie systématiquement lorsque les chasseurs de têtes demandent à prendre contact avec mes anciens employeurs. Car même si je ne crains pas grand chose de ce qui peut être colporté sur mon compte, le fait de craindre « un petit peu » est déjà en soi un sentiment anxiogène.

La belle mécanique infaillible des entretiens successifs qui ont laissé cette magistrale impression sur moi peut être définitivement obscurcie et dévoyée par un ancien collègue ou hiérarchique qui aura décidé de détruire ma réputation. C’est toujours plus facile de porter des critiques que d’encenser, c’est excitant de faire du sensationnalisme à peu de frais ou même de régler des comptes a posteriori en toute impunité.

Or, je me rends compte dans quelle mesure la prise de références est incontournable dans le savoir-faire des chasseurs de têtes qui engagent leur crédibilité dans cette enquête spécifique. Je réalise aussi à quel point les recruteurs sont attentifs au compte-rendu des chasseurs de têtes afin d’être parfaitement rassurés dans leur processus de recrutement.

De mon point de vue, c’est exactement le même principe que pour les organismes qui vérifient l’état de santé des personnes souhaitant emprunter de l’argent pour un projet immobilier, de telle sorte à vérifier qu’elles peuvent bien souscrire à une assurance pour le prêt.

Quelque part, j’ai le sentiment qu’il s’agit d’une démarche très idéaliste car nul n’est parfait ni en termes de compétences et ni en termes de relationnel. Si les chasseurs de têtes veulent faire passer à mes futurs employeurs un message de perfection à mon sujet : certes, ils mentent…mais pourvu qu’ils ne disent pas complètement le contraire !

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Demandeur d’emploi Jour J + 108

Pourquoi ai-je écouté avec tant d’espoir ceux que je considère parfois comme des bonimenteurs et des charlatans ? Vous savez qui ? Certains chasseurs de têtes. J’en ai écouté un, l’an dernier, qui me disait avec un lamento dans la voix que compte tenu des 25 % de recrutements en moins en 2009 – qui avaient mécaniquement fait baisser le nombre de missions de recrutement -2010 fut comme une résurrection pour cette profession.

Comble de la situation : ce recruteur procéda à des licenciements en 2009 dans son entreprise pour ajuster les effectifs au volume d’activité. Il ajouta que 2011 serait encore une meilleure année que 2010. Tout à coup, il m’a fait penser aux prévisionnistes de la météo qui avaient annoncé 3 centimètres de neige à Paris début décembre alors qu’il en est tombé le triple.

Regardons les choses en face : les offres d’emploi, depuis le début de l’année, sont à la fois inexistantes en quantité et en qualité. Et moi qui ai eu la faiblesse de croire les oracles de cette profession, pourtant bien informée, qui nous promettait le retour des hirondelles bien avant le printemps, annonciatrices dès janvier de postes tous azimuts.

Chaque poste intéressant devient un événement planétaire sur lequel nous sommes des milliers à nous entretuer pour l’obtenir. La période de chasse (de tête) aux hirondelles a-t-elle été trop meurtrière ? Mais où sont-elles, ces entreprises conquérantes sur les marchés et demandeuses de multiples compétences ? Englouties sous 10 centimètres de neige ?

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Demandeur d’emploi Jour J + 107

Génération Solos (Programme du Groupe Canal + / Février 2011). Bon, ci-dessous je vous fais part du pitch sur le reportage de Canal + sur les célibataires.

« Alors que la France compte environ 15 millions de célibataires, Olga, Charlotte, Agnès, Julien et Fabien ont accepté de témoigner. Durant plus d’une année, ils se sont laisser filmer au quotidien. Premier constat : on ne vit pas son célibat de la même façon à 30 qu’à 50 ans, ni si l’on est un homme ou une femme. Tous racontent les réflexes de repli, les baisses de forme, les événements forts de leur année qui souligne parfois une réelle solitude. Prenant le parti d’en rire, ils essaient d’en profiter afin de tirer parti de cette parenthèse solo. Spécialiste de la question du célibat, le sociologue Jean-Claude Kaufmann révèle l’importance grandissante du célibat, dans une société où vivre seul demeure encore un problème. »

Maintenant, vous remplacez le mot « célibataire » par « chômeur », le mot « célibat » par « chômage », les termes « vivre seul » par « ne pas travailler », la notion de « 15 millions » par « 3 millions » et le mot « problème » par « problème ». Ça donne cela :

« Alors que la France compte environ 3 millions de chômeurs, Olga, Charlotte, Agnès, Julien et Fabien ont accepté de témoigner. Durant plus d’une année, ils se sont laisser filmer au quotidien. Premier constat : on ne vit pas son chômage de la même façon à 30 qu’à 50 ans, ni si l’on est un homme ou une femme. Tous racontent les réflexes de repli, les baisses de forme, les événements forts de leur année qui souligne parfois une réelle solitude. Prenant le parti d’en rire, ils essaient d’en profiter afin de tirer parti de cette parenthèse solo. Spécialiste de la question du chômage, le sociologue Jean-Claude Kaufmann révèle l’importance grandissante du chômage, dans une société où ne pas travailler demeure encore un problème. »     Génération Chômeurs.

Célibataires & Chômeurs : même combat. Je propose que le Pôle Emploi devienne également un lieu de rencontres qui puisse allier l’utile à l’agréable. Je suggère de ce fait que le Ministère qui gère le Pôle Emploi réfléchisse au fait de se faire sponsoriser par Meetic.

J’ai enfin dans l’idée que le Marketing (avec un grand M) ne va pas assez loin avec les demandeurs d’emploi, en ne considérant pas cette frange de la population comme un de ses segments à part entière et en ne distinguant pas les chômeurs comme étant une composante sociologique ou ethnique. On nous snobe ? On ne nous cible pas ? Nous ne sommes pas « bankables », pas sexys ? En tous les cas, moins que la ménagère de moins de 50 ans !

À quand les voyages au Club Med où l’on affréterait des charters entiers pour les chômeurs ? À quand les jeudis du Monoprix où les personnes sans emploi auraient des réductions sur les produits et arboreraient un sac qui les distingueraient des « je bosse » ? Et si on inventait les Vélib’ pour Célib’ – pour les couples, cela s’appelle des tandems – on devrait obligatoirement créer en parallèle des Vél’eurs pour Chômeurs. Dring Dring !

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Demandeur d’emploi Jour J + 106

Poker face. Les initiés me comprendront. Non, je ne parle pas de la dégoulinante Stéphanie Germanota, celle qui s’est faite une petite réputation en se faisant appeler Lady Gaga, et dont l’un des titres célèbres est, justement, « Poker Face ». Non, il s’agit bien du jeu de cartes dont je veux parler, dans sa version Texas Hold’em.

D’ailleurs, je me demande si Patrick Bruel, champion du monde 1998 de poker, la même année que la bande à Zidane (ça, il le rabâche à chaque fois qu’il passe à la télévision), ne pourrait pas devenir un bon coach pour chômeurs. Ah ! On me dit que ça paye moins bien au Pôle Emploi qu’en étant chanteur / acteur. OK.

Le poker est un jeu à la morale discutable qui est en totale contradiction avec ce que Jean de la Fontaine décrivait dans l’une de ses fables, Le Loup et l’Agneau : « La raison du plus fort est toujours la meilleure. » En effet, contrairement aux lois basiques de la nature qui permettent aux plus costauds de dominer les plus fragiles, le vainqueur au poker n’est pas forcément celui qui est le plus fort.

On peut gagner et terrasser ses adversaires en étant le plus rusé, le plus agressif, le plus patient ou le plus calculateur. Ou même : tout cela à la fois, c’est recommandé. J’y ajoute un incontournable facteur chance. Et toutes ces « qualités » permettant de gagner doivent se mettre au service d’une « poker face », soit un visage neutre qui ne trahit pas d’état d’âme spécifique.

Je pense que cela peut grandement être utile en entretien d’embauche, situation pendant laquelle on peut être traversé de part en part par toute une série d’émotions déstabilisantes : la peur, le doute ou l’absence de confiance en soi. J’ai essayé une ou deux fois d’être moi-même en entretien, avec ma sensibilité et mes fêlures : à chaque fois, le recruteur s’est engouffré dedans avec gourmandise et férocité.

J’ai perdu la partie parce que je n’avais pas la poker face et il a pu lire dans mon jeu. Oubliez tout cela : vous êtes devenu une machine à gagner, à séduire et à convaincre et votre visage ne reflète que cela car il ne suinte que de la sérénité et de la certitude.

Imaginez que vous alliez en entretien avec une paire d’as – AA, American Airlines comme on dit chez les puristes -, et qu’au flop tombent deux autres as. Un carré d’as… Imaginez maintenant qu’à la place vous ayez en main un deux de trèfle et un 8 de carreau : votre visage doit être le même que si vous aviez deux as.

Oups, j’ai oublié de mentionner un imprévu de dernière minute : le bluff. Certains recruteurs sont remarquables dans ce registre : il ne tient qu’à vous de l’être aussi…

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Demandeur d’emploi Jour J + 105

Dissection d’un entretien pénible. Non : autopsie. Allez, j’ose le mot et pardonnez ma grossièreté, d’un entretien « chiant ». Les ingrédients sont les suivants. Déjà, on vous fait attendre assez longtemps sans vraiment vous expliquer pourquoi votre interlocuteur ne vous reçoit pas à l’heure.

Dès que l’on vous appelle, on vous accueille comme si de rien n’était, comme si la longue attente constituait un élément obligatoire du rendez-vous, sans la moindre excuse. Ensuite, le recruteur concentre ses propos sur vous et vous pose des questions archi théoriques comme si vous étiez encore à l’Université.

Il vous interroge ensuite uniquement sur vos expériences professionnelles négatives – qu’il est peu agréable et valorisant de relater – et des ressources que vous avez mis en oeuvre pour en tirer les enseignements. Le couteau dans la plaie : il le retire quand ?

En plus, il pianote avec une nervosité théâtrale sur son I-Pad sans que vous ne sachiez s’il fait un sudoku, s’il organise un week-end à Venise avec sa maîtresse ou s’il est en train de vous dézinguer.

Comme il n’a pas préparé son entretien : il ne vous connaît pas, vous découvre et lit tellement vite votre CV qu’il enchaîne les approximations et les jugements hâtifs. En plus, il vous dit tout cela sans que vous puissiez vous faire votre opinion sur sa sincérité puisque vous ne croisez jamais son regard qui est intégralement fixé sur sa fichue tablette numérique.

Ah oui, il a juste oublié de me projeter vers l’avenir en me dessinant les contours stimulants du poste à pourvoir, soit tout ce qui pourrait par exemple me donner envie de me surpasser dans mes fonctions sans compter ni les heures, ni la fatigue ni le sacrifice de ma vie privée.

À la fin de l’entretien, soit lorsqu’au bout de 45 minutes il a l’intime conviction de me connaître par coeur, je suis gratifié d’un « on vous rappellera », totalement digne de lui, presque prévisible. Ses derniers mots ont achevé de détruire toute forme de motivation persistante en moi et m’ont donné envie de lui répliquer : « Ah, on m’appellera, je croyais qu’on m’enverrait un télégramme ou bien un pigeon voyageur ». Peut-être m’aurait-il alors regardé dans les yeux, au moins une fois ?

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Demandeur d’emploi Jour J + 104

À la recherche d’un emploi…aux Pays-Bas (3/3)

Bon, le taxi a tellement été efficace que j’ai 2 h 30 mn d’avance, et comme mon interlocuteur a un emploi du temps réglé à la seconde près, je dois attendre. Alors, on me propose de passer à la cantine pour un « lunch ». Je demande à la personne qui m’escorte ce qu’il y a de typique comme plat à Utrecht, réflexe gaulois par excellence.

Elle me dit – cliché, lorsque tu nous tiens – que c’est le fromage qui est la spécialité locale. Ah ouais ! « Et moi, je suis censé avoir apporté une baguette », eus-je envie de lui répondre. Mais, je me suis retenu. Lorsque je lui ai dit que je n’aimais pas le fromage, moi, français, j’ai cru à l’incident diplomatique et qu’elle allait en référer à Madame Alliot-Marie, Ministre des Affaires Étrangères, afin de faire un rapport sur mon comportement exagérément irrespectueux. Heureusement, il n’en fut rien.

Du coup, logique, je me suis rabattu sur une soupe chinoise en me disant que manger une soupe chinoise à Utrecht devrait être une expérience inoubliable. Erreur d’appréciation majeure. La soupe, ça tâche ! Règle d’or que j’ai manifestement oubliée à cause de mon long voyage ; avant un entretien important, il faut absolument proscrire les plats suivants : soupes en tous genres, spaghetti, salades huilées vinaigrées et tous les plats en sauce.

En plus, c’est malin, car maintenant, j’ai « Le Port d’Amsterdam » en tête. Alors quand mon brillant interlocuteur me parlera d’innovation de rupture et de concept marketing stratégique, et que l’autre côté de mon cerveau, j’entendrai « qui leur donnent leur joli corps, qui leur donnent leur vertu », en stéréo, cela risque d’être très étrange…

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Demandeur d’emploi Jour J + 103

À la recherche d’un emploi…aux Pays-Bas (2/3)

Mon voyage aux pays des tulipes : fleuri. Amsterdam : sa gare…et c’est tout, le taxi m’attend : une Cadillac s’il vous plaît. Pas le temps d’aller au Port pour voir s’il y a des marins qui chantent et qui se mouchent dans les étoiles. Je peux entrevoir cette lumière blafarde des pays proches de la Mer du Nord, et je comprends à cet instant à quel point son intensité a pu inspirer les poètes ou les rendre fous.

Le chauffeur roule à (très) vive allure. Ah, Pays-Bas ! Ce pays qui ignore les radars, ce pays où l’on peut encore se faire doubler lorsqu’on est à 160 km / h, sensation que je n’avais pas ressentie depuis au moins les années Mitterrand. Nous nous dirigeons vers Utrecht, pas trop loin de Maastricht mais je n’ai pas le temps non plus d’aller saluer les Accords du même nom. Utrecht, Maastricht : bienvenue chez les « cht » !

Premier choc avec la culture batave : la radio dans la voiture, ambiance « djeuns » mais à la sauce hollandaise, comme pour le poisson. L’animateur radio braille des palabres dans une langue qui n’est pas réputée pour être la plus gracieuse du monde, le néerlandais, ce qui a le don de me réveiller vigoureusement les neurones.

Merci à toi, le « djeuns », grâce à ton charabia enthousiaste, j’ai pris conscience que j’étais bien dans un pays étranger au mien. Ah ! On arrive à mon rendez-vous à Utrecht. Moment de pure angoisse : je prie discrètement que le chauffeur ne me demande pas de confirmer l’adresse où je suis attendu : Maarssenbroeksedijk, N°2. Ouf !

Zut ! Je la sens venir, la petite boule d’anxiété que j’avais pourtant incité à faire un tour sur le Port d’Amsterdam, de faire un petit peu de tourisme en attendant que je finisse mon rendez-vous. Bon, maintenant qu’elle est là, l’anxiété, voyons comment je vais faire avec…

Image du Blog laganne.centerblog.net

Demandeur d’emploi Jour J + 102

À la recherche d’un emploi…aux Pays-Bas (1/3)

La mondialisation. Cela vous dit quelque chose ? Vaguement ? Nettement ? Avant de m’engager dans ce processus de recrutement précis, je n’avais qu’une idée abstraite de la mondialisation, celle qui est véhiculée par les médias. Or, je l’ai vécue de près via cette expérience de recherche d’emploi. Description. J’ai présenté ma candidature, il y a deux mois, à un poste de coordinateur marketing européen, plutôt séduisant dans toutes ses caractéristiques et assez proche de mon profil.

L’entreprise, qui est américaine, a eu recours à un chasseur de têtes anglais basé à Paris. Je complique un peu les choses ? J’ai par la suite successivement rencontré une responsable R.H. française et une directrice opérationnelle flamande, ma potentielle future n + 1. Ces deux étapes franchies m’ont permis d’accéder à ce qui devrait être un dernier « step » du processus du recrutement. J’emploie le mot « step » car le dernier entretien sera tout en anglais.

Mon interlocuteur suivant est un argentin d’origine russe qui me convoque aux Pays-Bas pour cette entrevue in English. Et on déjeune italien ou japonais ? J’ai donc reçu un aller-retour en Thalys pour mon entretien final. La classe ? Compte tenu de la complexité de ce que je viens de vous décrire, et même en me relisant lentement, je suis partagé entre deux sentiments bien distincts.

Soit ces personnes sont totalement sincères et veulent me faire partager dès la phase de sélection le caractère international de leur business. Soit, c’est un truc de dingues auquel cas il serait raisonnable que je reste sur mes gardes et que je ne m’enflamme pas inutilement vis à vis de la nature flamboyante de leur procédure globale de recrutement. Mais bon, attendons de voir ou plutôt : wait and see…

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Demandeur d’emploi Jour J + 101

101. Comme les Dalmatiens ! Attendez, c’est lorsque j’en serai aux 1001, comme les Nuits, que vous pourrez réellement vous inquiéter pour moi… 101, 1001, ça donne le tournis, non ? En toute franchise, lorsque j’ai appréhendé cette période de recherche d’emploi, je ne m’attendais pas à ce que cela dure aussi longtemps.

Je l’admets, je pense avoir eu au départ un comportement identique à celui des automobilistes qui, après avoir bu un coup de trop, prennent leur voiture et se disent que les accidents, ça n’arrive qu’aux autres. Bon parfois, ça se passe juste à côté de soi, un voisin, un copain.

Idem pour la période de chômage. Cet « accident » dans ma vie professionnelle m’apparaissait comme momentané, deux ou trois mois pas davantage. Était-ce par excès d’arrogance ou de naïveté ? Était-ce pour conjurer le sort ? Était-ce la méthode Coué ? Un peu de tout cela probablement. Je me suis vu rentrer dans ce tunnel d’inactivité avec l’envie immédiate de voir la lumière au bout du chemin. J’étais sans phares.

Cela me fait penser à cette blague que l’on raconte dans les pays du Grand Nord, dans lesquels le soleil est quasiment absent en hiver. L’histoire porte sur un meurtre atroce commis sur la banquise, que la Police locale doit élucider. Afin de trouver le criminel, les policiers demandent à tous les suspects : « Qu’avez-vous fait dans la nuit du 1er septembre au 31 mars ? »

Et si l’on me demande : « Qu’avez-vous fait entre le 1er septembre 2010 et le 31 janvier 2011 ? » Je répondrai que j’ai cherché des jours meilleurs et plus lumineux ou que j’ai vécu 1001 nuits de cauchemars, en noir et blanc, comme des dalmatiens…

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Auteur:

Stéph.

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